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histoire ci-dessous

*** Le Cordonnier et Les Deux Nains ***
Conte Allemand
Il était une fois un cordonnier qui habitait une grande ville
d'Allemagne. Il était le meilleur cordonnier du monde. Pourtant,
seules quelques personnes poussaient la porte de son petit magasin.
En effet, les gens préféraient se rendre dans un grand magasin où
ils pensaient trouver de meilleures chaussures.
Le cordonnier vendit donc de moins en moins de chaussures et devint
si pauvre qu'un jour il lui resta juste assez d'argent pour acheter
le cuir d'une paire de chaussures.
Fronçant fortement les sourcils, il alla dans la salle à manger où
sa femme était justement en train de raccommoder son plus beau
costume.
- Avec cet argent, j'achèterai le meilleur cuir que je trouverai,
dit-il à sa femme, et je confectionnerai les plus jolies chaussures
que tu aies jamais vues. Je ferai de mon mieux et même plus! C'est
peut-être la dernière paire que je pourrai faire, car lorsque
j'aurai dépensé cet argent, il ne nous restera plus rien.
- Comment mangerons-nous? demanda sa femme avec inquiétude.
Le cordonnier haussa tristement les épaules.
- Je n'en ai aucune idée, soupira-t-il. Qui vivra verra! En tout
cas, je vais d'abord au marché. Au revoir! A tout à l'heure! Il
enfila son costume usé et partit au marché. Après avoir longuement
cherché, il trouva un magnifique morceau cuir souple et brillant. Il
coûtait très cher, exactement la somme qui restait au cordonnier
dans sa bourse. Il acheta néanmoins le morceau de cuir et, tout
content, il s'en retourna chez lui. Le soir même, il découpa avec
soin deux très belle formes dans le cuir : un modèle droit et un
modèle gauche. Il y avait juste assez de cuir pour confectionner
deux magnifiques chaussures.
- Je les finirai demain, dit-il à sa femme. Maintenant, il est trop
tard. Allons d'abord nous coucher.
Le lendemain matin, le cordonnier se rendit dans son atelier après
avoir déjeuné. Quelle ne fut pas sa surprise de trouve les nouvelles
chaussures fin prêtes sur son établi. Le cordonnier les examina sous
toutes les coutures, mais ne trouva aucun défaut! Les chaussures
étaient magnifiques. C'était la plus belle paire de chaussures qui
soit jamais entrée dans son magasin. Heureux et fier, le cordonnier
les exposa dans la vitrine à la vue de tous. Moins d'une heure plus
tard, elle étaient déjà vendues à une dame distinguée.
- Regarde combien je les ai vendues, dit le cordonnier, enchanté, à
sa femme.
Il ouvrit la main et lui montra cinq pièces d'or.
Avec cette somme, je pourrai acheter au marché le cuir de deux
paires de chaussures ! Peut-être même qu'il nous restera encore
assez d'argent pour faire un bon repas. Je vais vite voir. A tout à
l'heure!
Il embrassa sa femme, tout joyeux et s’en fut.
Le soir même, il découpa le modèle de deux paires de chaussures dans
le cuir qu'il avait acheté au marché et les laissa à nouveau
inachevées sur son établi.
Le lendemain, deux magnifiques paires de chaussures se trouvaient
fin prêtes sur son établi. Elles étaient si belles qu'elles
semblaient être l'oeuvre d'un maître cordonnier. Tous les points
étaient parfaits.
Très vite, le cordonnier vendit ces deux paires pour plus d'argent
qu'il n'en avait gagné de toute sa vie. De nouveau, il repartit sans
attendre au marché et acheta du cuir magnifique pour quatre paires
de chaussures. Le soir même, il découpa soigneusement les quatre
paires de chaussures dans le joli cuir.
J'ai vraiment envie de les commencer tout de suite, dit-il à sa
femme, d'un air enthousiaste, mais je vais quand même attendre
demain matin. Allons nous coucher.
Lorsque le cordonnier entra dans son atelier le lendemain matin,
quatre magnifiques paires de chaussures l'attendaient à nouveau sur
son établi.
Le scénario se répéta jour après jour. Chaque matin, le cordonnier
trouvait sur son établi, prêtes à être vendues, les chaussures qu'il
avait découpées la veille. Il les vendait facilement, car elles
étaient si jolies que tout le monde en parlait. Désormais, la moitié
de la ville en portait et le cordonnier s'enrichit peu à peu. Sa
femme et lui pouvaient maintenant s'acheter de jolis vêtements et
faisaient chaque jour de la semaine des repas dignes du dimanche.
Ils étaient donc très heureux car c'étaient de braves gens.
Pourtant, le cordonnier ne cessait de se poser des questions.
- Je voudrais bien savoir qui confectionne ces chaussures pendant la
nuit, dit-il un jour à sa femme. Que dirais-tu si nous nous cachions
cette nuit derrière l'armoire de l'atelier? Nous pourrions ainsi
voir qui nous a si bien aidés et nous pourrions peut-être l'en
remercier.
Sa femme approuva cette idée, car elle était très intriguée, elle
aussi.
Le soir même, tous deux se cachèrent derrière l'armoire. Ils
attendirent longtemps mais, à minuit précis, ils entendirent des
bruits derrière la plinthe. Deux petits hommes nus apparurent. Ils
sautèrent immédiatement sur l'établi et se mirent à coudre et à
marteler de bon coeur avec leurs petits doigts. Ils ne s'arrêtèrent
qu'une fois tout le cuir travaillé et les chaussures brillantes
alignées sur l'établi. Ils retournèrent ensuite derrière la plinthe.
Le lendemain matin, gémissants et engourdis, le cordonnier et sa
femme sortirent de leur cachette.
- Ça alors! Comme ils travaillent vite! dit le cordonnier à sa femme
avec étonnement. Et comme ces chaussures sont belles! Comment
pourrais-je un jour remercier ces hommes?
- J'ai une idée, répondit sa femme, les yeux brillants. Ces pauvres
petits hommes seront sûrement transis de froid pendant l'hiver. Ils
n'ont manifestement ni vêtement, ni bas, ni chaussures. Je vais leur
coudre à chacun des sous-vêtements du meilleur lin ainsi qu'un joli
costume dans la meilleure des étoffes et je leur tricoterai aussi
des petits bas. Tu leur feras une jolie paire de chaussures. De
cette manière, ils ne souffriront plus jamais du froid pendant
l'hiver.
Le cordonnier approuva et, le soir même, ils déposèrent sur l'établi
deux paires de sous-vêtements, deux magnifiques petits costumes,
deux paires de bas et deux petites paires de chaussures.
Le cordonnier et sa femme se dissimulèrent à nouveau derrière
l'armoire et, à minuit précis, les petits bonshommes sortirent à
nouveau de derrière la plinthe. Ils regardèrent avec étonnement les
petits vêtements, les bas et les petites chaussures, car ils
s'attendaient une nouvelle fois à trouver du cuir. Ils ramassèrent
avec prudence les petites affaires et les admirèrent sous toutes les
coutures.
Heureux, ils enfilèrent le tout et dansèrent sur l'établi.
- Nous qui sommes si riches et distingués, nous n'avons plus besoin
d'être cordonniers, chantèrent-ils.
Ils sautillaient et bondissaient en tous sens et s'amusaient
beaucoup.
Après une petite demi-heure, ils disparurent riant et sautillant
derrière la plinthe, sans avoir travaillé le cuir des chaussures.
Par la suite, le cordonnier et sa femme ne revirent plus jamais les
nains.
Depuis ce jour-là, le cordonnier recommença à confectionner lui-même
ses chaussures. Cela ne lui semblait pas grave. Après tout, c'était
son métier! Il trouvait même cela agréable et les gens venaient de
partout acheter ses chaussures.
Le cordonnier et sa femme coulèrent des jours heureux. Cependant,
ils n'oublièrent jamais l'aide des deux nains. Voilà pourquoi ils
aidèrent souvent les pauvres habitants de leur ville. Si quelqu'un
trouvait cela étrange, ils répondaient gaiement qu'ils étaient
heureux de pouvoir aider les pauvres gens, mais personne ne sut
jamais ce qu'ils voulaient dire!

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